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Carnet de bords

Jour 1

9 heures. Après une nuit tranquille au mouillage de Portimão, il faut y aller. Panne internet opérateur, tant pis! On aura la météo d'hier. La grande houle de Sud Est qui déboule du détroit interdit de toute façon un mouillage sur la côte au niveau de Sagres ou cap St Vincent donc soit ça passe, soit retour içi.

 

Sorti du détroit pénible mais ça y est, on est sur le grand Atlantique. A la rencontre de ces eaux, il y a des dauphins partout! Encore un peu de patience pour quitter cette houle difficile.

18h vent établi 15 Nœuds, parfait. Je discute avec Sam le régulateur et « Petit Bec » qui s'est invité a bord !

 

Cette nuit, c'est passage des deux rails de cargo. A partir de maintenant plus de communication possible! Effet bizarre. On marche bien, au prêt. Je prend un ris pour la nuit.

Jour 2

Il fait gris, froid et humide. J'ai presque bien dormi de 2 h à 7 h après le rail. Je prend un deuxième ris, ça forcit. Je suis vaseux. Petit Bec a disparu, il y a une tourterelle à la place mais elle prend peur immédiatement et s'envole pour son plus grand regret vue le vent.

Il y a déjà plein d'eau dans les cales à cause de cette fuite dans le puits à chaine. Le cap est bon. Rien ni personne à l'horizon puis tient, un cargo ! Mais oui, nous sommes sur la route des Amériques. Une baleine vient souffler juste à coté puis disparaître.

Jour 3

Trois jours sans soleil. On marche bien, 140 Milles au point de ce matin. Le baromètre semble remonter, on va peut être pouvoir cuisine un peu.

Un fou de bassan vient de passer, majestueux au ras de l'écume. L 'océan est bleu acier, intimidant. Tout comme la nuit, sans coucher de soleil, sans étoile. Un cargo passe.

Jour 4

Au réveil après une nuit tranquille, temps couvert, vent faiblit. Un voilier juste a coté de nous, mais dans l'autre sens. Y en a qui rentre. Petit café, j'enlève les deux ris. Enfin je change le drapeau francais qui est en lambeaux.. Nous sommes à mi parcours avec 140 Milles hier ! Il y a plein de méduses voilier sur l'eau. Sam ne prend toujours pas de café.

On ne capte aucune station française sur les ondes, ça manque !

Vers 10h, un peu d'air chaud se fait sentir. Droit devant une tache de bleu dans le ciel. Est ce lui l'anticyclone des Açores ? L'avenir dira que non ! J'ai mis une ligne à l'eau car notre vitesse a baissée. Une bonne carangue pour accompagner la salade de tomate/patate/concombre, ça ferait un plat du dimanche sympa

13h, je m'installe pour le repas. On est dans la grande tache bleue. La vitesse est passée de 6N à 2N, gris à bleu, 17 à 20° et de 2 polaires à presque nu!

17h, pétole. Le bleu est reparti, le gris c'est étendu a nouveau. Encore une nuit sans étoile mais c'était bon ce rayon dominical.

Nous venons de croiser une tortue pas bien farouche : photos. En regardant les clichés, j'ai l'impression qu'elle est agonisante avec un sac plastique autour du cou ! Moteur, affalage d'urgence, retrouvons là. Après quelques instants de recherche, la voilà! On approche sur l'air et hop mademoiselle que visiblement on réveille se fâche, claque un coup de nageoire et plonge, en pleine forme – Parfait ! J'ai quand même laissé partir une charentaise à l'eau dans la manœuvre – snif .

La nuit approche avec ces angoisses. Faut-il dormir, veiller, à quel intervalle...Nous sommes sur une route fréquentée. Quatre à cinq cargo par 24h depuis notre départ. Quand il apparaît à l'horizon, 30 min plus tard il est sur nous. Ces machins tournent à 20 N maintenant pour les pavillons asiatiques, 12 pour le Liberia ! Le péril jaune.

L'océan est un lac argenté, sans une ride. Le ciel est de plomb. Seul les milliers de bébés méduse voilier viennent tacheter ce miroir; un parent parfois.

Une drôle de nuit que cette nuit. Elle a commencée par une petite pluie fine, nous sommes maintenant dans un brouillard épais. Le vent a tourné de 90° au passage.

Jour 5

Après le drôle de nuit, la drôle de journée ! Nous sommes dans un brouillard épais toujours, le vent est doux, la mer étrangement calme. J'ai l'impression que le Black Pearl va surgir à tout moment.

On tire des bords toutes voiles dehors. Ne pas avoir la météo, c'est pas très sérieux mais ça simplifie les choses! On prend ce qui vient. Il fait 21° dans le bateau, c'est mieux. Ce midi dans la salade, premier avocat mûr a point !

Repas a peine terminé, on se prend un « coup de vent » pour le dessert. On passe de 10 à 35 Noeuds de vent en 5 min avec des rafales en plus costauds dessus. Maintenant c'est ciré, bottes, harnais de rigueur pour mettre le nez dehors. Notre nouvelle capote est une merveille. Le temps passe et la mer fini par grossir à son tour évidemment. L'intérieur se transforme en lessiveuse. Impossible de rester debout. Une banane et au lit.

Jour 6

Nuit difficile a bord. Ça passe, ça passe pas...suivante. Sam respire encore même sous l'eau. On a réussi a pas se mettre en fuite et tenir un cap acceptable. Les vagues font 4 fois la hauteur du bordé environ soit 8 m je pense. Le retour du jour enlève l'aspect anxiogène mais ne calme pas le vent. Journée médiathèque donc, et frugale !

Ce soir, le vent mollit à 25 nœuds enfin. Je vais tenter un petit verre sur les marches sous la capote pour prendre l'air.

Et d'un coup, au milieu de ces éléments déchainés, des coups de boutoir de la coque à chaque vague, du hurlement des voiles dans les rafales, il y a eut un puits de lumière, juste devant, là ou nous allons, cap 275! Un puits de lumière et un bout de soleil couchant sur l'archipel des Açores. C'est le premier couché de soleil depuis le départ.

Jour 7

Et bien nous voilà à 80 Milles de Santa Maria, en ligne droite! Mais nous devons tirer des bords encore, faire du près avec un bateau de portant dans un vent et une mer forte. La plaisance, c'est le pied, et ce ne sont que des contraintes que nous avons choisi. L'eau a pris 1° en 24h : 19,2° C.

Cette nuit ciel magnifique comme on ne peut en voir qu'en mer. La voix lactée d'un horizon à l'autre.

Après une petite omelette oignons ce midi, temps calme ! Zzzzzz. Au sortir, voilà que j'aperçois Santa Maria, l'ile! On devrait y être dans la nuit mais on va temporiser jusqu'au matin. 7 jours pile après le départ. Le port étant minuscule d'après les instructions, on va attendre sagement sous le vent de l'ile le levé du soleil

Demain jeudi donc nous serons dans les manœuvres, formalités, lessives, nettoyage...Il n'y aura donc pas de 8eme jour ! Les communications modernes vont reprendre. Je vais pouvoir analyser a posteriori les fichiers météo que nous avons vécu. On a un voilier extraordinaire , à quelques fuites près qui ne sont que de ma responsabilité.